« Evidemment ma déception est énorme. Mais il faut continuer à vivre et pour moi, l’important, c’était de ramener mon bateau, à Lorient La Base, en toute sécurité. »

Loïc Bailleux, le préparateur de Bertrand, s’associe à cette décision difficile et tient à assurer le skipper de tout son soutien. « Je suis solidaire du choix de Bertrand qui réagit en bon marin. L’essentiel est de maintenir sa sécurité et de ramener le bateau à bon port. En ce sens, il fait le meilleur choix possible. C’est une décision mûrement réfléchie. En effet, les réparations de son Class40 ne peuvent être réalisées dans l’immédiat et nécessitent un budget conséquent. Même si cette course s’arrête là, l’aventure reste extraordinaire, et nous tenons à saluer sa persévérance et son courage»

Cette décision est lourde et extrêmement difficile pour ce skipper chevronné et son équipe qui ont tout donné, tout essayé afin de voir Bertrand DELESNE continuer cette Route Du Rhum.

L’avarie la plus importante concerne le puit de quille. « A la suite de violents claquements pendant les dépressions, le composite a été endommagé occasionnant une voie d’eau et rendant impossible une navigation en situation de course. Malheureusement, seule une sortie d’eau du bateau permettra de diagnostiquer l’étendue des dégâts. Quand bien même, ce sont des travaux importants, coûteux et qui de toute façon ne pourraient être lancés que la semaine prochaine étant donné les conditions actuelles à Lorient et le Week-end qui arrive me privant des prestataires pour faire ces manutentions lourdes. »

D’autre part, le génois et le gennaker (deux voiles d’avant essentielles pour naviguer en course) sont gravement endommagées. Le J1 génois a explosé à la suite d’un déroulement non désiré de la voile dans du vent très fort. De plus, L’étai (câble qui tient le mât) a lui aussi été abîmé à cause du génois déchiré qui a battu dans le vent pendant plusieurs jours.

Compte tenu des conditions météo qui régnaient alors (37 à 45 nœuds avec des pointes de vitesse aux alentours de 47 nœuds), Bertrand n’a pas pu se hisser dans son mât afin de décrocher la voile mais a pu prévenir son équipe à terre.Ce n’est que plus tard, évoluant dans des conditions plus calmes, que Bertrand a pu faire les vérifications nécessaires. Il faut re-faire fabriquer un étai et changer de génois. Malheureusement, les règles de course interdisent le remplacement des voiles abîmées pour rester en course.

Depuis son retour à terre, le skipper a cherché des solutions, sans démériter, mais faute de budget immédiat et compte tenu de la vétusté du bateau ; Bertrand a dû se résoudre à quitter cette édition de la Route du Rhum Destination Guadeloupe.  « Je suis infiniment reconnaissant auprès de toutes les personnes qui nous ont aidé à prendre le départ de cette course. J’espère revenir avec un projet abouti et renouer avec la spirale du projet gagnant, toujours dans un esprit de partage avec les collaborateurs. Nous allons capitaliser sur cette expérience, c’est certain. Ces soutiens multiples qui m’ont réconforté et m’ont permis de me présenter au départ de cette Route du Rhum malgré un contexte technique pas simple, sont riches d’enseignements et donnent une belle énergie. Avec une météo « normale » ça passait, mais là…

Un grand merci à la société Teamwork, propriétaire du bateau qui m’a autorisé à utiliser le Class 40, les sociétés Fives Syleps, JLBI Conseils Ploémeur, Groupe Christophe Leclerc Saint-Malo, Bremont et associés, Maisons de l’Avenir, 1FoPresta – Maintenance et Conseil Informatique Saint Malo, Luximer, Magelinov, Nautix Peinture, Gréement Import, FSE Robline, Zhik NZ, Intermarché La Découverte Saint Malo, Fondation Agir Contre l’Exclusion, Vaincre Les Maladies Lysosomales, Lizzart Production Photo & Vidéo, MF Com & Prod, sans oublier les sponsors de dernière minute à Lorient et Saint Malo ainsi que tous les bienfaiteurs du crowfounding, et tous les bénévoles. Un petit clin d’œil spécial à ma marraine Teura Colas que je remercie particulièrement pour son implication spontanée et chaleureuse à Saint-Malo ».